Santé bucco-dentaire

Névralgie dentaire : symptômes, causes et traitements

Névralgie dentaire : homme qui se tient la mâchoire

Une décharge dans la mâchoire en croquant une pomme. Une dent qui lance dès que vous buvez un verre d’eau fraîche. Ou cette douleur qui vous réveille la nuit sans que vous sachiez vraiment quelle dent est en cause. Dans le langage courant, on regroupe souvent tout ça sous un même nom : la névralgie dentaire.

Le problème, c’est que ce mot recouvre des situations très différentes. Parfois, c’est bien le nerf de la dent qui souffre. Parfois, la dent n’y est pour rien et la douleur vient d’un nerf du visage, voire des sinus. Mon objectif ici : vous aider à comprendre ces différentes pistes, à repérer les signes qui imposent de consulter vite, et à savoir quels traitements existent. Tout ce qui suit s’appuie sur des sources médicales reconnues, listées en fin d’article.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptôme, consultez un chirurgien-dentiste ou votre médecin.

Névralgie dentaire : de quoi parle-t-on vraiment ?

« Névralgie » signifie littéralement douleur d’un nerf. Mais « névralgie dentaire » n’est pas un diagnostic médical précis : c’est une expression du quotidien pour décrire une douleur vive, souvent fulgurante, ressentie dans une dent ou dans la mâchoire.

Pour y voir clair, il faut savoir qu’une dent est vivante. En son centre se trouve la pulpe, qui contient des fibres nerveuses et des vaisseaux sanguins, comme l’explique le Manuel MSD. Quand cette pulpe est irritée ou enflammée, la douleur peut être intense.

Derrière une « névralgie dentaire », on retrouve donc surtout deux grandes familles :

  • une cause dentaire : carie profonde, inflammation de la pulpe, dent sensible, infection ;
  • une cause nerveuse non dentaire : la névralgie du trijumeau, un nerf du visage dont la douleur peut imiter à s’y méprendre un mal de dent.

À cela s’ajoutent des douleurs « d’emprunt », comme celles d’une sinusite, ressenties dans les dents du haut. Seul un professionnel peut faire la part des choses.

Les causes dentaires d’une névralgie dentaire

La pulpite : quand le nerf de la dent s’enflamme

La pulpite est une inflammation douloureuse de la pulpe. Selon le Manuel MSD, sa première cause est la carie, devant les traumatismes (un choc sur la dent, par exemple). Elle peut provoquer une forte rage de dents.

Les dentistes distinguent deux situations, notamment grâce à un test simple : ils appliquent du chaud, du froid ou du sucré sur la dent. Si la douleur disparaît 1 à 2 secondes après l’arrêt du stimulus, la pulpe peut sans doute être sauvée : on parle de pulpite réversible. Si la douleur persiste ou apparaît spontanément, la pulpe est probablement trop atteinte : c’est une pulpite irréversible.

Ce test n’est qu’une partie de l’examen. Il ne permet pas de se diagnostiquer seul à la maison, mais il explique pourquoi votre dentiste vous posera beaucoup de questions sur la durée de vos douleurs.

Les dents sensibles : une douleur brève mais pénible

Une petite douleur vive au contact du froid, du chaud ou du sucré n’est pas forcément une pulpite. Elle peut venir d’une hypersensibilité dentinaire. D’après l’UFSBD, elle est liée à une dentine exposée, par exemple à cause d’une usure de l’émail ou d’une gencive qui se rétracte. L’UFSBD cite les produits désensibilisants et les vernis parmi les solutions.

Si votre dentiste confirme cette piste, un dentifrice adapté aux dents sensibles fait souvent partie de la routine conseillée. Parmi les dentifrices pour dents sensibles que j’ai passés en revue sur Amazon, l’Elmex Sensitive est celui qui cumule le plus d’avis clients.

J’ai comparé plusieurs formules dans mon guide sur le dentifrice à choisir pour les dents sensibles. Attention toutefois : un dentifrice ne soigne ni une carie, ni une pulpite. Une douleur qui dure, qui s’aggrave ou qui survient sans raison mérite un examen.

L’infection : de la pulpe à l’abcès

Sans traitement, une inflammation sévère peut entraîner la mort de la pulpe (nécrose). Le Manuel MSD précise qu’une pulpite peut aussi évoluer vers une infection, avec une poche de pus à la racine de la dent : l’abcès péri-apical. Une infection dentaire non traitée peut ensuite s’étendre à la mâchoire ou à d’autres parties du corps.

Si vous avez une douleur constante, une dent très sensible quand vous mordez, ou un gonflement de la gencive, lisez mon article sur les symptômes de l’abcès dentaire : c’est une situation qui ne doit jamais traîner.

La névralgie du trijumeau, ou quand la dent n’y est pour rien

C’est la partie que j’ai trouvée la plus surprenante en préparant cet article. Le nerf trijumeau assure la sensibilité d’une grande partie du visage, y compris de la bouche. Quand il est irrité, il peut provoquer des douleurs qui ressemblent beaucoup à un mal de dent.

D’après une synthèse des recommandations françaises publiée par Vidal, cette douleur :

  • est en général très violente, décrite « comme une décharge électrique » ou « un coup de poignard » ;
  • dure le plus souvent de 3 à 20 secondes par accès ;
  • touche un seul côté du visage dans la quasi-totalité des cas ;
  • est liée le plus souvent à la compression du nerf par un vaisseau sanguin.

Les Hospices Civils de Lyon la décrivent comme une affection rare (5 à 20 cas pour 100 000 habitants), qui survient le plus souvent après 65 ans. Les crises sont souvent déclenchées par des gestes banals : mâcher, se brosser les dents, toucher une zone précise du visage appelée « zone gâchette ».

Vous voyez le piège : une douleur dans la mâchoire déclenchée par la mastication ou le brossage fait forcément penser à une dent. D’où l’importance d’un examen complet, et d’un avis médical en cas de doute, avant tout geste irréversible sur une dent qui paraît saine. Autre douleur sans cause dentaire visible : la glossodynie, cette sensation de langue qui brûle.

La sinusite, l’autre grande imitatrice

Les racines des dents du haut sont proches des sinus maxillaires. Le Manuel MSD (édition professionnelle) explique qu’une infection des sinus est souvent ressentie dans des dents pourtant saines, ce qui donne l’impression trompeuse d’un problème dentaire.

Quelques indices orientent vers cette piste : plusieurs molaires et prémolaires du haut sensibles en même temps, une douleur qui augmente quand on penche la tête en avant (pour lacer ses chaussures, par exemple), et souvent un nez qui coule. Là encore, c’est au professionnel de trancher.

Symptômes de la névralgie dentaire : les pistes à signaler

Je ne vous propose pas de grille d’autodiagnostic : ce serait trompeur. En revanche, noter quelques détails avant votre rendez-vous aide beaucoup le praticien. Voici les points qui reviennent dans les sources que j’ai consultées.

Ce qui évoque plutôt une cause dentaire :

  • une douleur déclenchée par le chaud, le froid ou le sucré ;
  • une douleur qui persiste après le stimulus, ou qui survient seule, parfois la nuit ;
  • une dent précise douloureuse quand vous mordez.

Ce qui évoque plutôt une névralgie du trijumeau :

  • des décharges électriques très brèves, d’un seul côté ;
  • des crises déclenchées en effleurant la peau, en parlant ou en mâchant ;
  • des périodes de crise entrecoupées de répit.

Ce qui évoque plutôt une sinusite : plusieurs dents du haut douloureuses à la fois, nez bouché ou qui coule, douleur accentuée tête penchée.

Névralgie dentaire : quand consulter, et en combien de temps ?

L’Assurance Maladie propose une grille très claire, que je résume ici.

  • Dans les jours qui viennent : la douleur s’aggrave et revient à chaque repas, vos dents sont sensibles au chaud et au froid, vous avez mal en serrant les dents.
  • Dans la journée : la douleur est insupportable, elle s’aggrave quand vous vous allongez, elle est diffuse et constante, ou vous avez du mal à ouvrir la bouche.
  • Sans tarder, appelez le 15 ou le 112 : difficultés pour avaler ou respirer, douleur intense et lancinante, fièvre, visage ou cou très enflé d’un côté, peau du visage rouge et chaude.

Fièvre, gonflement ou gêne pour avaler ou respirer : n’attendez pas. Aucun remède maison ne remplace une prise en charge dans ces situations. Pour trouver un dentiste disponible rapidement, y compris le week-end, j’ai détaillé les démarches dans mon article rage de dent : que faire et quand consulter en urgence.

Comment le diagnostic est posé

Chez le chirurgien-dentiste, le Manuel MSD décrit plusieurs étapes possibles : un examen clinique, des tests de sensibilité au chaud, au froid ou au sucré, un testeur électrique de vitalité de la pulpe, et parfois une radiographie dentaire pour observer l’os autour de la racine.

Si aucune cause dentaire n’est trouvée et que les douleurs évoquent un trijumeau, le relais passe au médecin. Selon Vidal, le diagnostic repose d’abord sur la description des crises. Une IRM peut ensuite être demandée, notamment pour rechercher un vaisseau qui comprime le nerf.

Névralgie dentaire : quels traitements ?

Tout dépend de la cause. C’est pour ça qu’il n’existe pas « un » traitement de la névralgie dentaire.

Quand la dent est en cause

D’après le Manuel MSD, l’inflammation disparaît quand on traite sa cause. Pour une pulpite réversible, le dentiste soigne la carie puis reconstruit la dent. Pour une pulpite irréversible, il doit retirer la pulpe par un traitement de canal (la dévitalisation) ou, à défaut, extraire la dent. Des antibiotiques peuvent être prescrits s’il existe d’autres signes d’infection, comme de la fièvre. Ce choix revient toujours au praticien, après examen.

Quand c’est le trijumeau

Le traitement est d’abord médical et relève du médecin. Vidal indique que la carbamazépine, un antiépileptique, est le traitement de référence, et que les antalgiques usuels (paracétamol, AINS, codéine) ne sont pas efficaces sur ce type de douleur. Quand les médicaments ne suffisent pas ou sont mal tolérés, les HCL décrivent plusieurs options : une chirurgie pour décomprimer le nerf, des gestes moins lourds sur le nerf, ou une radiochirurgie de type Gamma Knife, une technique sans incision également pratiquée à l’hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dont l’effet s’installe en quelques semaines.

En attendant le rendez-vous : les bons réflexes

En attendant de voir votre dentiste, l’Assurance Maladie conseille quelques gestes simples :

  • éviter les aliments très chauds, très froids, sucrés ou acides ;
  • continuer à vous brosser les dents après les repas avec une brosse souple, et nettoyer entre les dents ;
  • en cas de douleur à la pression, dormir en position semi-allongée, la tête surélevée par des oreillers.

Pour la douleur, l’Assurance Maladie cite le paracétamol comme antalgique. Demandez conseil à votre pharmacien et respectez la notice. Autre point important : l’ANSM alerte sur les anti-inflammatoires (ibuprofène, kétoprofène) en cas d’infection, notamment dentaire : ils peuvent masquer les symptômes et ont été associés à des complications infectieuses graves.

Un antidouleur soulage, il ne soigne pas. Même si la douleur se calme, gardez votre rendez-vous : la cause, elle, est toujours là. Le Manuel MSD rappelle d’ailleurs qu’une inflammation sévère non traitée peut aller jusqu’à la nécrose de la pulpe.

Ce que je retiens

La névralgie dentaire est un mot fourre-tout. Le plus souvent, la cause est dentaire et se traite très bien quand on consulte tôt. Mais une douleur en décharges électriques, brève et d’un seul côté, doit faire penser au trijumeau. Mon conseil : notez vos symptômes (durée, déclencheurs, côté), consultez votre chirurgien-dentiste, et n’hésitez pas à demander l’avis de votre médecin si aucune cause dentaire n’est trouvée.

Et pour limiter le risque de carie, la cause numéro un des pulpites, rien ne vaut les basiques rappelés par l’Assurance Maladie : un brossage au moins deux fois par jour pendant deux minutes, et une visite chez le dentiste au moins une fois par an, sans attendre d’avoir mal.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une névralgie dentaire et une rage de dent ?

Dans le langage courant, les deux expressions désignent souvent une douleur dentaire intense. « Névralgie » insiste sur l’origine nerveuse : la douleur peut venir du nerf de la dent (pulpite) ou d’un nerf du visage comme le trijumeau. Seul un professionnel peut identifier la cause.

Combien de temps dure une névralgie dentaire ?

Tout dépend de la cause. Dans une névralgie du trijumeau, chaque accès dure le plus souvent de 3 à 20 secondes selon Vidal. Une douleur liée à une pulpite peut durer bien plus longtemps. Dans tous les cas, une douleur qui persiste doit être examinée.

Une névralgie dentaire peut-elle passer toute seule ?

La douleur peut se calmer un temps, mais la cause reste présente : une carie ou une pulpite ne guérit pas seule. Consultez votre chirurgien-dentiste même si la douleur diminue.

Le dentiste peut-il soigner une névralgie du trijumeau ?

Le chirurgien-dentiste peut écarter une cause dentaire. Si la douleur évoque une névralgie du trijumeau, la prise en charge relève du médecin : le traitement de référence est médicamenteux, avec des options chirurgicales en cas d’échec.

Peut-on prendre de l’ibuprofène pour une douleur dentaire ?

L’ANSM met en garde contre les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou le kétoprofène en cas d’infection, notamment dentaire : ils peuvent masquer les symptômes et ont été associés à des complications graves. Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin avant de prendre un médicament.

Sources

Alex
Alexandre, 49 ans, pas dentiste mais passionné de santé bucco-dentaire. Après des années de mauvaise hygiène et plusieurs caries, j'ai repris les choses en main à 40 ans : brossage rigoureux, Invisalign à 46 ans, blanchiment à 48 ans. Je teste produits et conseils en toute indépendance pour vous aider à faire les bons choix. Ces contenus restent informatifs et ne remplacent jamais l'avis d'un chirurgien-dentiste.